« MIA DO ATIWO »

« Mia do atiwo » signifie « plantons des arbres » en éwé.
C’est un projet crée par l’association GO TO TOGO en 2016 qui a pour objectifs la lutte contre la déforestation et le brûlis afin d’améliorer les conditions socio-économiques des cultivateurs dans la région de Kloto au Togo.

Deux groupements ont été crée dans deux villages de la région ; un à Kuma Apoti (« Novissi ») et un autre à Agou Nyogbo (« la persévérance »). Ils ont pour missions de créer des pépinières, de les entretenir et de planter les arbres sur des parcelles agroforestières.

Rapport d’activités de Décembre 2017

Cet hiver,  c’est Benoit et Sika Boucher qui ont suivi le projet « Mia do atiwo » sur le terrain.

Une première réunion avec les groupements a été organisée à leur arrivée en décembre. Le dimanche 10 décembre pour Agou Nyogbo, le mercredi 13 décembre pour Kuma Apoti. Benoit Boucher a échangé avec les membres pour avoir un bilan sur l’année écoulée : 3000 plants en terre, des pépinières encore fournies (fraké, cedrella, neem, …) et une forte demande des villageois pour rejoindre un groupement. Il a été décidé, comme l’an passé, d’une rencontre entre les deux groupements.

Le vendredi 22 décembre 2017 à 10 heures a eu lieu à Kuma Apoti la deuxième rencontre entre les groupements « La persévérance » d’Agou Nyogbo et « Novissi » de Kuma Apoti. Cette réunion a eu pour objectifs de faire un bilan de l’année écoulée et d’étudier les objectifs et les perspectives pour l’année à venir. Après les salutations d’usage et la présentation de l’ordre du jour par Yawo Ayissah (secrétaire du projet Mia do atiwo), Benoit Boucher (président de l’association Go to Togo et hôte de la rencontre) a pris la parole. Ce fut ensuite le tour de Dominique Niakou (chargé du projet Mia do atiwo), Kokou Amouzou (secrétaire de novissi) et Kossi Tsogbe (secrétaire de la persévérance). Un tour de table a ensuite été lancé afin que chacun puisse prendre la parole et faire des remarques et des propositions. Il a été ainsi évoqué la création d’une grainothèque et d’un arboretum dans chacun des deux milieux.

Après la remise de matériel (coupe-coupes, houes, arrosoirs, bottes, chaussures et vêtements), la délégation s’est rendue sur la pépinière et sur des terrains où le reboisement a commencé. La réunion a pris fin vers 15 heures après la dégustation d’un bon repas.

Le jeudi 4 janvier 2018, Benoit Boucher, accompagné du bureau de Kpalimé (Dominique Niakou et Yawo Ayissah) et de membres des groupements s’est rendu chez Kossi Ayeh, président du l’ONG FAGAD (Frères AGriculteurs et Artisans pour le Développement) à Adéta (nord de Kpalimé). FAGAD lutte contre l’exode rural et soutien les populations paysannes en développant des activités génératrices de revenus. Ils font du reboisement depuis de longues années. Les échanges et les conseils ont été nombreux et fructueux

Une liste des essences à développer dans les pépinières a été établie :

Citrus aurantium, kuntouti, oranger ;
Annona muricata, agnakli, corossolier ;
Persea americana, péati, avocatier ;
Carica papaya, adibati, papayer ;
Artocarpus heterophyllus, jacquier ;
Terminalia superba, kegblalin, fraké, limba ;
Cedrela odorata, sabaliti, acajou amer ;
Khaya grandifolia, mahogen, acajou ;
Chlorophora excelsa, odum, iroko ;
Anacardium occidentale, yovotcha, anacardier ;
Cola nitida, bissiti, colatier (grande) ;
Cola acuminata, evi, faux colatier (petite) ;
Garcinia cola, ewo ;
Monodora myristica, eyi, faux muscadier ;
Dialum guineensis, atitoeti, tamarin de velours ;
Xylopia aethiopica, etso, poivrier d’éthiopie ;
Azadirachta indica, liliti, neem, margousie.

Cette année, l’achat de graines va se concentrer sur l’oranger et l’anacardier, essences que Dominique Niakou va aller chercher dans leurs milieux naturels.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Rapport d’activités de Juillet 2017

Nous sommes au sud du Togo, région subtropicale humide à l’origine très verdoyante et fertile.

L’agriculture et l’alimentation en général tient une place importante dans la société togolaise. Les cultivateurs sont par ailleurs autosuffisants pour les aliments de base, grâce à une production vivrière majoritaire, consommée directement ou vendue localement.
Puis les cultures de rente, sont vouées uniquement à l’exportation.
La culture de la terre est complétée par l’élevage, rarement à grande échelle et la pisciculture, principalement pour la consommation du foyer ou du village.

Les conditions matérielles et financières des cultivateurs étant limitées, la plupart misent sur des méthodes de culture traditionnelle comme le brûlis. Ce procédé détruit une grande partie de la matière organique, si précieuse pour alimenter les organismes du sol. Une autre technique observée visant à se libérer des herbes trop compétitives dans les parcelles est d’épandre manuellement, sans aucune protection, un herbicide vendu à grande échelle, du glyphosate pur hautement cancérigène. Un problème de santé majeur pour les cultivateurs, même si beaucoup que nous avons rencontrés sont conscients que cette substance n’est pas anodine, car ils refusent d’en épandre dans les parcelles vivrières

Suivi des pépinières

Les pépinières sont installées à proximité des puits ou des zones humides (cours d’eau, bas- fonds, marécages), afin de faciliter les arrosages quotidiens. Sur le substrat mis à nu, en planches rectilignes de 6 à 10 lignes, les semis sont effectués dans des poches d’eau (50cl) recyclées, une ressource abondante sur place, qu’on aura rempli de la terre récoltée sur place ou dans le lit de la rivière.
Les allées, larges de 20cm environ, permettent le passage d’une personne seulement.
Une structure en bois soutient un toit conçu en nervures de palmier, installé sommairement et provisoirement durant la saison sèche afin de protéger les jeunes semis des trop forts ensoleillements. A cette saison, le toit est démonté pour laisser les pluies abondantes assurer l’arrosage, à un stade où les jeunes pousses sont déjà assez robustes.
Cela provoque néanmoins une dégradation des allées, eaux stagnantes et érosion localisée, qui ne facilitent pas le passage ni l’entretien, et entraine même la noyade de certains plants.
Quelques suggestions faites pour les prochaines pépinières : améliorer le système par des fossés de drainage en périphérie, ou en élevant les planches de semis sur des plateaux en bois ; afin de faciliter l’entretien collectif, d’élargir à 60cm au moins. Les problèmes sont globalement les même à ce niveau à Agou et Kuma.

Pour autant, la grande majorité des plant a atteint une taille et une vigueur suffisante pour être mise en terre, certaines racines ont même percé le plastique pour chercher la profondeur.

Distribution

Les cultivateurs des groupements ont pré rempli une fiche référençant les essences choisies, et les quantités nécessaires. Le choix est fait selon les besoins : la surface des parcelles à planter,
le type de culture associé, le type de ressource souhaitée (bois d’œuvre, fruitiers, arbres fertilitaires …).

A Agou, les plants sont répartis entre la parcelle commune d’une part, dont les 25ha seront progressivement plantés, et d’autre part les éléments du groupement qui pourrons reboiser leurs parcelles respectives.
Par ailleurs, les quantités produites dépassant largement les besoins des deux groupements, les surplus sont donnés aux cultivateurs des villages qui se sont montrés intéressés par la démarche du projet

Les variétés

Nitida acuminata (Colatier)
Cordia Africana (faux teck)
Cedrela odorata (acajou amer)
Annona muricata (Corossol)
Acacia
Terminalia superba (Fraké)
Xylopia aethiopica (Poivre d’éthiopie)
Moringa oleifera
Tectona grandis (Teck blanc)
Sterculia phoetidia
Garcinia « Arbre à cure-dent »
Citrus aurantium (Oranger)
Persea americana (Avocat)
Cola cordifolia
Anacardium occidentale
Triplochiton scleroxylon (wawa)
Khaya grandifolia (acajou)
Erythrophleum africanum (etsati)

Une partie des plants proviens de la pépinière d’Eric (Big max production) en périphérie de Kpalimé, dont nous avons visité l’exploitation. C’est la seule pépinière professionnelle de la région (selon son dire) et possède également plusieurs hectares sur lesquels il plante une grande quantité d’abres depuis seulement 3ans, laissant voir aujourd’hui une jeune forêt fruitière gérée de façon totalement naturelle. Il travaille également sur un programme expérimental mené par l’université de Lomé, en testant différents types de gestions du moringa (programme visant à favoriser la production, la commercialisation et la consommation de cet arbre, pour ses propriétés nutritives et médicinales).

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Pour la deuxième année, nous allons agrandir les pépinières, développer la culture d’arbres fruitiers tels que les avocatiers et les orangers, continuer la sensibilisation des populations à l’agroforesterie et organiser des formations à la création et à l’exploitation de pépinières afin d’en créer de nouvelles.

Rapport d’activités de décembre 2016 :

Le voyage de Benoit et Abla Boucher en décembre 2016 a permis de faire démarrer le projet « mia do atiwo » sur le terrain.

Le mardi 20 décembre 2016 à 9 heures a eu lieu à Agou Nyogbo la première rencontre entre les groupements « La persévérance » d’Agou et « Novissi » d’Apoti.
Cette réunion de sensibilisation a eu pour objectifs de bien poser les enjeux du projet et de permettre aux membres des groupements d’échanger et de faire connaissance.
Après les salutations d’usage, Tona Agbeko (représentant de la chefferie d’Agou-Nyogbo et hôte de la rencontre) a pris la parole suivi de Benoit boucher (président de l’association Go to Togo), Dominique Niakou (chargé du projet Mia do atiwo) et Yawo Ayissah (secrétaire du projet Mia do atiwo). Ce fut ensuite au tour de Kokou Tagbo (président de la persévérance) et de Dick Kokoroko (président de novissi).
la délégation s’est ensuite rendue sur les terrains dédiés à la reforestation.
Sur place, les cultivateurs ont pu échanger sur leurs techniques de travail, les deux milieux étant considérablement différents. La plaine d’Agou a été sérieusement déforesté et l’urgence est là alors que la montagne de Kuma est encore boisée mais le danger de déforestation est omniprésent avec le travail quotidien des tronçonneuses.

Suite à cette rencontre, les travaux sur les deux sites ont donc commencé. Il a fallu défricher, nettoyer, terrasser les terrains avant la mise en sachets de la terre et l’ensemencement des graines que nous avons acheté : moringa oleifera (yovoviti), terminalia superba (kegblalin), xylopia aethiopica (etso), nitida acuminata (bissiti), annona muricata (agnigliti), …

Le mardi 29 décembre, Benoit Boucher, accompagné du bureau de Kpalimé (Dominique Niakou et Yawo Ayissah), s’est rendu chez Eric Adevou, pépiniériste à Zomayi (Kpalimé) afin de lui commander des essences pour le début de la saisons des pluies (juin 2017).
Il a été commandé des essences suivantes :
Cola cordifolia (gaouti),
Dialum guineensis (atitoeti),
Anacardium occidentale (yovotcha),
Cedrella odorata (sabaliti),
Khaya grandifolia (mahogen),
Chlorophora excelsa (odum),
Triplocliton scleroxylon (wawa),
Pyenanthus angolensis (lamitsa),
Azadirachta indica (liliti), …

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Après le voyage cet hiver de Ben et Didi, ce fût au tour cet été 2017 de Flo et d’Anto de faire le voyage : leur mission consistait au suivi de la distribution et de la plantation des essences d’arbres cultivées dans les pépinières. Résultat : plus de 2000 arbres plantés cette première année parmi lesquels des acajous, faux-tecks, fraquets, cedrelas, acacias, colatiers, anacardiers, corossoliers, moringa, … 

Publicités